noel montessori

Il y a 14 ans, je trouvais "normal" de raconter à mon aînée l'histoire du père Noël et de la convaincre d'y croire. Comme cela fût le cas dans mon enfance. Et puis, au fil du temps, en observant les réactions de mes enfants et ceux des autres, j'ai constaté que beaucoup d'entre eux le vivaient mal : peur du personnage, angoisse qu'un étranger puisse entrer dans la maison, déception voire confiance brisée à l'annonce de la vérité. Quel est le réel bénéfice d'entrer dans ce jeu où on manipule l'enfant sous prétexte que c'est beau de rêver ? L'enfant rêve-t-il vraiment ? Ne fait-il pas simplement que subir cette histoire ? Certains adultes en profitent et utilisent cette crédulité pour s'en servir comme moyen de pression afin d'obtenir "un enfant sage" ("Le père Noël te regarde, si tu n'es pas sage, il ne t'apportera pas de jouets !"). Ah bon, je croyais que le père Noël distribuait des cadeaux à TOUS les enfants, sans aucune distinction ou préférence ! Le jeune enfant découvre notre monde. Lui faire croire si jeune que des rennes, un traîneau et même un monsieur puisse se déplacer au-dessus de sa tête, va-t-il dans le sens de cette découverte. On lui brouille les pistes, non ? Il commençait tout juste à comprendre que seuls les oiseaux volaient.

Il y a 8 ans j'avais choisi une solution intermédiaire, dire à mes filles jumelles que c'était une histoire et qu'elles avaient le droit d'y croire ou pas. Résultat ? Elles y ont cru. Et l'an dernier, j'ai répondu à leur question "Dis maman, il existe ou pas ?". L'une d'elle a fondu en larmes. Pfff... Quelle déception pour elles et pour moi. Non, ce n'était pas le but recherché.

Alors aujourd'hui, je m'interroge à nouveau, et je pense finalement que faire de l'entre-deux ne mène à rien de bon. Je l'ai expérimenté à plusieurs reprises. Donc Charlize connaîtra l'histoire du père Noël, mais je lui dirai clairement que les cadeaux au pied du sapin sont achetés par papa et maman pour elle. Je fais ce choix parce qu'un enfant vaut mieux que ça. Je ne veux pas me jouer d'elle. Mon regard sur l'enfant ne cesse d'évoluer, et cette question, que je trouvais futile voire inutile me semble aujourd'hui d'une grande importance.

Et puis Noël, à mon sens, ne se résume pas au père Noël, bien heureusement ! C'est donner ET recevoir. Depuis quelques années, mes enfants se font des cadeaux entre eux, après avoir tiré au sort le prénom de celui qu'ils devront gâter toute la journéee du 25 décembre. Ici, le tirage au sort a déjà eu lieu, et les enfants trépignent d'impatience à l'idée de faire plaisir. Comme nous, les enfants sont capables de donner. Alors pourquoi les limiter à la seule fonction de recevoir ? Et bientôt Charlize pourra participer activement à cette fête.

Qu'en pensez-vous ?